Le torticolis, cette affection douloureuse du cou, est principalement dû à la sollicitation excessive des 85 muscles cervicaux, dont les trapèzes sont les plus connus. Ces muscles essentiels assurent à la fois la mobilité et la stabilité de la tête. Cependant, sous l'effet de la fatigue, du stress ou d'une mauvaise utilisation, un simple geste brusque peut déclencher une douleur aiguë. Autrefois attribué au froid, ce dernier est désormais considéré comme un facteur secondaire. La véritable origine réside souvent dans un muscle fragilisé par le stress, le manque de sommeil, un effort physique intense ou une posture prolongée inadéquate. Le Pr Jean-Charles Le Huec, orthopédiste, souligne qu'un muscle fatigué perd de sa réceptivité à la proprioception, augmentant ainsi les risques de lésions. De plus, le tabac, en réduisant l'oxygénation des tissus, entrave la récupération musculaire et contribue à la fatigue du cou.
Les mauvaises habitudes posturales, particulièrement devant un écran, sont des déclencheurs majeurs de torticolis. Une tête penchée en avant sollicite constamment les muscles postérieurs du cou, les épuisant progressivement. La douleur surgit lorsqu'une torsion ou un mouvement rapide survient. Pour prévenir cela, il est conseillé de maintenir la tête droite, le regard légèrement incliné vers le bas, et les épaules détendues. Des pauses régulières avec des étirements doux du cou et des épaules sont essentielles pour relâcher les tensions musculaires. Certains gestes répétitifs, comme ceux effectués par les caissiers ou les peintres travaillant au-dessus de leur tête, ainsi que le port de charges volumineuses sur l'épaule, créent des conditions idéales pour l'apparition d'un torticolis en combinant effort, torsion et mauvaise posture.
Généralement, un torticolis simple régresse spontanément en quelques jours. Le repos du muscle affecté, associé à une mobilisation douce et progressive, est la méthode la plus efficace pour favoriser la récupération. L'application de chaleur locale et l'utilisation d'analgésiques ou d'anti-inflammatoires (après avis médical) peuvent apaiser la douleur. Cependant, toute manipulation vertébrale sans diagnostic approfondi est déconseillée, car elle peut aggraver des conditions sous-jacentes comme une hernie discale. Si le torticolis persiste ou récidive, des examens complémentaires (radiographie, IRM) sont nécessaires pour déceler des causes organiques telles que l'arthrose cervicale, les séquelles d'un traumatisme, ou des problèmes dentaires ou oculaires. La présence de signes associés comme une faiblesse du bras ou des fourmillements peut indiquer une hernie cervicale, nécessitant une évaluation chirurgicale dans certains cas.
Pour prévenir efficacement les douleurs au cou et les torticolis, adopter une approche proactive est primordial. Choisir un couchage adapté, avec un lit et un oreiller offrant un bon maintien cervical, est une première étape essentielle. Intégrer des exercices doux de musculation et d'assouplissement du cou à votre routine quotidienne peut renforcer la résistance musculaire. Une ergonomie soigneusement pensée au travail, avec un écran à hauteur des yeux et une chaise ajustée, ainsi que des pauses régulières, permet de réduire la tension. Enfin, une bonne hygiène de vie, incluant un sommeil suffisant, une activité physique régulière, une gestion efficace du stress et une alimentation équilibrée, contribue significativement à préserver la santé de votre cou et à éviter ces douleurs.